21 janvier 2006
Dr Pragnya Ram
Directeur général du groupe
Communication d’entreprise
Dans les 29 villages que comptent les districts de Palamau et de Garhwa, zones reculées dans l'arrière-pays de Jharkhand, MM. P. K. Ojha, Ramesh Ojha, Shatrughan Singh et l’équipe de Bihar Caustic ont mené une révolution silencieuse dans l’esprit des gens.
Les villages dans lesquels ils travaillent constituent des extrêmes. D’un côté, la majorité pauvre de la population est constituée de gens simples aspirant à vivre en paix et se satisfaisant d'un repas et demi par jour. D’un autre côté, l'ensemble des habitants plus amers qui sont prêts à tout car ils n'ont plus le cœur à endurer les conditions d'existence qui sont les leurs. On ne peut que voir ce conflit qu’en des termes quasi-bibliques. Ils nourrissent un sentiment d'abandon, car ils estiment être considérés comme un peuple souillé. Ils mettent en danger leur propre personne, et également les autres. L’histoire de Shatrughan et de son équipe est un exemple édifiant de courage face à la peur. Les changements sont si impressionnants que pour exprimer leur gratitude, les villageois clament que « Les Birlas ont un cœur de lion et la générosité de Karna, une figure iconique de l'épopée indienne du Mahâbhârata ».
Le cauchemar d’une population
« Travailler dans cet environnement incertain était à l’origine un cauchemar », affirme Shatrughan, le dirigeants de BCCL Janseva Trust. « Mais nous considérions ce facteur en lui-même comme un défi. » Si l’agriculture y constitue le socle de l’économie, la zone est victime de la sécheresse. Les installations d’irrigation n’y existaient pratiquement pas et le plus souvent, les caprices de la nature nuisaient au quotidien des habitants. Avec un taux d’alphabétisation très faible, près de 67 pourcent des gens vivaient sous le seuil de pauvreté. Le taux de fécondité de 3,12 pourcent était quant à lui dans la tranche élevée. Le système politique du Panchayat Raj existait sur le papier. Les gens avaient proclamé des « Jan Adalats » les dispensant selon leur coutume de faire appliquer la justice.
Lorsque nous nous sommes aventurés dans la région il y a cinq ans, les conditions étaient très dures. Leur méfiance vis-à-vis du système était également éprouvée à notre égard. Ils nous considéraient avec un soupçon latent et se demandaient si nous avions des projets cachés. Le désordre industriel y régnait davantage que l’harmonie. Notre première priorité fut de jeter des ponts pour notre compréhension mutuelle, et de faire en sorte qu'ils aient confiance en nous. Pour cela nous avons dû nous fondre doucement et avec précautions parmi eux. Pour parvenir à des changements, nous avons dû nous faire accepter par ces habitants défavorisés et malheureux. Nous avons élaboré un plan basé sur les liens avec les agences gouvernementales et tenté d'y associer la population locale.
Au cœur de notre stratégie figuraient cinq étapes reposant essentiellement sur l’idée que par la mobilisation sociale nous pourrions hisser ces villageois jusqu’à une qualité de vie standard, en leur apportant les développements nécessaires dans différents domaines.
Le chemin à cinq voies
Au vu des besoins essentiels de la collectivité, comme la santé et l’hygiène, nous avons adopté la méthode innovante consistant à rallier le soutien de la population locale, y compris des plus mécontents. Parmi ces derniers, nous avons choisi quelques personnes acceptant de renoncer à leurs positions militantes et travailler avec nous comme catalyseurs grâce à leur pouvoir de persuasion. Le fait que nous ayons dû faire face à beaucoup d’obstacles n’est pas une surprise. Nous rendions auprès des villageois, nous asseyions avec eux et tentions de les convaincre avec gentillesse, de les gagner à notre cause aussi délicatement que possible, résolus dans notre détermination à faire la différence.
Pour initier le changement, notre plan en cinq points misait avant tout sur la création de boulevards pour l'éducation. Deuxièmement, s’efforcer de faire évoluer les esprits grâce aux réformes sociales. Troisièmement, améliorer les soins de santé par l’apport de matériel et les campagnes d’information. Quatrièmement, œuvrer pour l’autosuffisance économique par les activités génératrices de revenus ; et enfin cinquièmement favoriser le développement des infrastructures. La portée de ces facteurs essentiels de développement peut difficilement être négligée. Nous avons répété ce refrain sans répit. Finalement, ils ont perçu l’authenticité de nos intentions. Lentement mais sûrement, de plus en plus de villageois se présentaient pour participer à nos programmes. Nous sommes parvenus à leur faire intérioriser notre message.
Gagner leur confiance
S’appuyant sur la confiance acquise, nous avons mis en place un comité de développement dans chacun des 29 villages. Nous les avons aidés à désigner des dirigeants pour les différents projets. De cette manière, nous sommes parvenus à initier des changements impressionnants, tant sur le plan psychologique que pour la qualité de vie. Jusqu’au point où ils avaient vraiment la sensation que nous faisions partie de la communauté.
L’une des possibles explications pour notre succès réside dans le fait que dans ces comités de développement de village, 40 pourcent des membres étaient des femmes. Elles suscitaient davantage de transparence et détournaient les gens de leur esprit vengeur. Nos rapports avec les autorités locales et nos liens avec les ONG ont également largement contribué à rallier la population à notre cause.
Des progrès phénoménaux
Au cours de ces quatre années, nous avons parcouru un chemin immense. Nos réussites :
Pour répondre aux besoins des villageois sur le plan de la santé, nous avons mis en place des camps spécialisés. Notre camp homéopathique a prodigué des soins à 5 001 patients. Dans les camps médicaux ruraux hebdomadaires, le nombre total de patients soignés a dépassé 19 340. Dans les camps dentaires, 846 personnes ont été traitées, et en ophtalmologie nous avons examiné 445 patients.
Pour le domaine du bien-être familial, le travail de l'équipe s'est montré exemplaire. Nous avons mis au point des stratégies efficaces et sommes parvenus à convaincre les gens d'adopter certaines pratiques, à limiter la taille de leur famille. De cette façon, nous avons joué un rôle essentiel pour contribuer à réduire le taux de fertilité et améliorer les soins prénataux et après la naissance. Notre projet a posé un jalon dans l’industrie. La reconnaissance de notre travail s’est manifestée par la remise du « Prix annuel FICCI 2003-2004 pour la famille » des mains du Premier ministre.
Grâce à nos programmes s’adressant aux mères et aux enfants, 3 935 enfants ont été vaccinés, 597 personnes ont été soignées pour des infections des organes reproductifs et 29 personnes pour des maladies sexuellement transmissibles. Les soins prénataux et anténataux ont été étendus à 5 350 mères. Nous avons convaincu 5 100 personnes d’opter pour le planning familial. Parmi celles-ci, 941 femmes ont choisi la stérilisation.
Pour la première fois, les femmes sont sorties du confinement de leur foyer. Près de 400 femmes ont suivi une formation à la couture, tandis que grâce aux groupes d’entraide, nous avons permis à 511 femmes de devenir économiquement indépendantes.
Dans le cadre du programme Sarva Shiksha Abhiyan, nous avons inscrit 732 étudiants, tandis que 242 enfants supplémentaires ont été scolarisés. Pour encourager la scolarisation des petites filles, nous offrons des bourses annuelles, remises à 40 écolières à ce jour pour la préparation de l’examen général.
Parmi les aspects les plus inhabituels de notre travail auprès des paysans, figure la mise en place du programme « Paani Panchayat ». Il s’agit en somme d’un mécanisme innovant pour la distribution équitable de l’eau. De plus, grâce à l’érection de châteaux d’eau et la réparation des pompes manuelles, nous avons amélioré la distribution de l’eau. Les résultats positifs ont été constatés par tous. Plus de 45 hectares de terres arides appartenant à 605 fermiers ont été mises en cultures ».
Dépassés par le succès
M. Naresh Ram, qui dirige l’un des Paani Panchayats, se tenant près d'un canal d’irrigation bouillonnant, rougit timidement. « Si vous aviez rencontré notre population, nos fermiers et villageois, cinq ans auparavant, vous auriez constaté notre misère : le visage des plus jeunes, aux angles taillés par la maigreur. » Aujourd’hui, ces angles on disparu. La paix et la subsistance prédominent. Nous considérons l’équipe de Bihar Caustic comme la réponse divine à nos supplications pour que notre misère prenne fin. Ces gens nous ont permis de redonner forme à nos vies et à nos destins. Nous sommes maintenant impatients d'aller de l’avant. Il y a aussi la fierté de tenir debout sur ses propres jambes. Une bonne partie du mécontentement et de la confusion, qui brouillaient l’esprit et brûlaient le cœur des gens de ressentiment, a disparu dans beaucoup d’endroits. Dans de très rares enclaves, ils subsistent. Une fois sous la lune bleue, le bruit des détonations fait courir les chiens dans tous les sens sur la route. »
Sans relâche, notre équipe poursuit son travail sur la ligne de feu.

Contact us: |
We
look forward to receiving your feedback
on this article. Share your comments with
us at:
E-mail: webfeedback@adityabirla.com |
|